Patrimoine

L’église Saint-Hélier de Beuzeville

L’église saint-Hélier

L’église de Beuzeville est dédiée à Saint Hélier. Ce moine, né à Tongres (Belgique) au cours de la première moitié du VIe siècle, officia à Nanteuil (Cotentin) sans Saint Marcou, puis à l’île de Jersey où s’éleva la ville qui prit son nom.

Cette église est composée d’une nef à deux bas-côtés et d’un chœur à deux chapelles latérales. Elle était jadis entourée d’un cimetière.

De l’édifice primitif, élevé au XIIe siècle, on peut encore admirer le portail occidental de la nef, les fenêtres du chevet et les voûtes sur croisées d’ogives.  Remaniée aux XVIe et XVIIIe siècle, l’église s’est enrichie de fenestrages, balustres, contreforts et gargouilles, et possède côté Est un colombage de style normand assez rare.

Le clocher abrite trois cloches dont la plus ancienne, nommée Georgette-Henriette, but bénie en 1779.

Il y a environ 30 ans, la pierre a été nettoyée et dégagée du plâtre et du stuc qui la recouvrait, redonnant à l’édifice la beauté que nous admirons aujourd’hui. Les trois nefs, un sanctuaire et deux chapelles évoquent désormais la sérénité des beaux cloîtres normands.

François décorchemont, le maître-verrier (1880-1971)

Né à Conches en 1880 dans une famille d’artistes anciennement établie dans cette ville, il fit ses études plastiques à Paris, où il obtint en 1900 le diplôme de l’Ecole des Arts Décoratifs. Il s’orienta d’abord vers la peinture, qu’il n’abandonna jamais, mais se retourna bientôt vers la céramique, produisant à partir de 1903 ces « pâtes de verre » qui lui ont apporté sa notoriété.

Revenu à Conches en 1910, il mit au point un procédé de coloration et de moulage qui lui permit de créer des objets de verre dont la qualité fut rapidement appréciée, notamment à cause du décor, des fleurs et des insectes au début, des dessins géométriques et de simples couleurs à partir de 1920.

Il se décida en 1930 à appliquer cette technique au vitrail, technique qu’il a été le seul à employer : le cristal blanc (et non le verre) est fondu au four et coloré dans la masse. Refroidi, il est réduit en poudre pour fournir les « pigments » de base. La pièce à obtenir est d’abord moulée, et le moule garni des poudres mélangées à la teinte désirée. Le moule est placé dans le four, la pièce est alors sculptée en creux, encore chaude, puis lentement refroidie pour lui donner des reflets jaspés.

L’assemblage se fait au ciment, sans supports externes. La lumière joue sur les pleins et les creux du cristal, qui soulignent le dessin, comme à travers les facettes d’une pierre précieuse.

Décorchemont a donné à Paris, en 1934, sa première œuvre de maître verrier : les immenses baies de l’église Sainte-Odile près de la Porte de Champerret (17e) où, sur 300m2 de couleurs éclatantes, vit tout un peuple d’inspiration médiévale.

Il dut interrompre cette activité durant l’occupation, par manque de combustible, et ne put la reprendre qu’en 1946. Il se consacra alors principalement à l’illustration des verrières des églises du département de l’Eure : Acquigny, Berville-la-Campagne, Breuilpont, Champ Dolent, Duranville, Etrépagny, Gaillon, Igoville, La Bonneville, Le Mesnil sur l’Estrée, Menneval Ménesqueville, Muids, Pacy-sur-Eure, Pont de l’Arche, Pont Saint-Pierre, Pont Saint-Denis d’Augeron, Saint-Etienne l’Allier, Saint-Ouen du Tilleul, Saint-Pierre de Cormeilles, Sainte-Marthe et Beuzeville !

 

Des baladeurs et des tablettes numériques sont disponibles gratuitement à l'office de Tourisme, pour accompagner la visite des vitraux (commentaires sous forme de dialogues théâtralisés, réalisés par la Compagnie des Trois Gros).
Pour plus de renseignements, contacter l'Office de Tourisme de Beuzeville.

 

(Textes : Office de Tourisme de Beuzeville – Photos © pascal Argences)